Union syndicale ouvrière Imprimer


Saint-Junien lui doit une grande part d’elle-même : l’Union Syndicale Ouvrière, née en 1902 au cœur d’un mouvement social, a façonné la ville dans ses structures sociales, associatives et politiques, dans sa vie culturelle et sportive. Elle est à l’origine du mouvement coopératif et mutualiste qui a fortement imprégné l’histoire de la ville.
Au cours d’une grève des ouvriers des mégisseries en 1902, alors que le patronat fait pression sur les commerçants de la ville pour qu’ils refusent les crédits sollicités par les salariés, 88 ouvriers mettent en commun leurs économies pour créer un local où viendront s’approvisionner les grévistes en produits de première nécessité. Le mouvement coopératif est né à Saint-Junien.
Le 7 septembre 1902, les statuts de l’Union Syndicale Ouvrière sont déposés. Jusqu’en 1939, elle va étendre son activité en ouvrant plusieurs magasins à Saint-Junien et dans les communes alentours. Ses adhérents y trouvent boucherie, charcuterie, quincaillerie, mercerie, chaussures, combustibles, boulangerie. Parallèlement, elle constitue un fonds de solidarité en faveur des salariés et coopérateurs en longue maladie, au chômage ou en grève.
Puis vient, en 1921, la mutuelle des coopérateurs qui sera à l’origine de la pharmacie mutualiste, du dispensaire, du cabinet dentaire, du service infirmier et de soins à domicile, des services d’ambulance et de Pompes funèbres.
L’USO s’intéresse aussi très vite à la culture, au sport et aux loisirs. Elle constitue une chorale et une bibliothèque, des clubs de rugby, de foot et d’athlétisme. En 1926, à la Bourse du travail, elle équipe une salle de cinéma. En 1932, elle crée une colonie de vacances sur l’île d’Oléron.
Elle contribue également à la vie de la cité en participant aux emprunts lancés par la municipalité pour financer les travaux d’aménagement de la ville. Elle apporte aussi son soutien à la création de la Ganterie coopérative en 1919 et de la Coopérative des papiers et sacs en 1933.
Après la Libération, l’USO reprend son essor et crée une vingtaine de succursales en Haute-Vienne, Charente, Dordogne et Vienne. Dans les années soixante, face aux géants de la grande distribution, le mouvement coopératif doit se réorganiser. Cela conduira l’Union Syndicale Ouvrière à se regrouper avec la coopérative de Saintes et les sociétés des coopérateurs de l’Union de Limoges et de Vierzon. Cet ensemble est aujourd’hui devenu le groupe Coop Atlantique.